Culture & patrimoine

Transmettre les jeux malgaches quand on vit loin de Madagascar

7 octobre 2026 • par Équipe MyLalao

Beaucoup de familles malgaches vivent aujourd'hui loin de l'île, et la même question revient dans les salons : comment faire pour que les enfants connaissent les jeux avec lesquels on a grandi ? La bonne nouvelle, c'est que ces jeux voyagent remarquablement bien. Ils tiennent dans une poche, et parfois même dans une simple poignée de cailloux.

Le vrai obstacle n'est pas la distance

On croit souvent qu'il manque quelque chose d'irremplaçable : le pays, le climat, la cour en terre battue, la bande de cousins. En réalité, ce qui fait le plus défaut est beaucoup plus modeste — le souvenir précis des règles. On se rappelle le principe, l'ambiance, les rires. On ne se rappelle plus l'ordre des figures ni le détail exact d'une prise.

Et cela, c'est réparable. Un jeu dont on retrouve les règles se rejoue le soir même, où que l'on habite. Et un jeu rejoué une fois est un jeu transmis.

Commence par les mots, pas par le matériel

Si tu ne devais transmettre qu'une chose, transmets le vocabulaire. C'est ce qui reste le plus longtemps, et c'est ce qui donne aux enfants le sentiment d'appartenir à quelque chose.

  • Kilalao — le jeu, le jouet. Lalao — la partie. Mpilalao — le joueur.
  • Vato — la pierre, le caillou : le nom des pions du Fanorona. Voa — la graine, les munitions du Katro.
  • Fotsy et mainty — le blanc et le noir, pour désigner les deux camps.
  • Tsara be — « très bien », pour saluer un beau coup. Misaotra — merci. Mandrosoa — « vas-y », « avance ».

Dix mots employés pendant une partie valent mille mots appris par cœur. Le vocabulaire malgache du jeu en reprend une bonne série, avec le sens de chacun.

Fabrique plutôt que d'acheter

Aucun de ces jeux ne demande de matériel du commerce, et c'est une chance quand on est loin : rien à faire venir, rien à commander.

  • Un plateau de Fanorona se trace sur un carton, une planche ou même une feuille : cinq lignes, neuf colonnes, et le réseau de diagonales.
  • Les pions sont des cailloux, des graines, des boutons ou des capsules — clairs d'un côté, sombres de l'autre : fotsy contre mainty.
  • Le Katro se joue dans des godets ou une boîte à œufs retournée, avec des haricots secs en guise de graines.
  • La marelle Sabaka se dessine à la craie sur un trottoir, exactement comme on la traçait dans la poussière.

Le pas-à-pas pour fabriquer un plateau de Fanorona te prendra une soirée — et le fabriquer avec les enfants fait déjà partie de la transmission.

Un jeu par mois, pas dix d'un coup

La tentation, c'est de vouloir tout montrer en un week-end. Un jeu par mois, en revanche, c'est un rythme qui tient. Le mois où vous faites du Katro, vous y jouez cinq fois : les enfants finissent par comprendre le relais et la capture, et le jeu s'installe pour de bon. Le mois suivant, vous passez à autre chose.

Un ordre qui fonctionne bien : d'abord un jeu d'adresse qui se comprend en un coup d'œil — les billes Kanety ou la marelle Sabaka ; ensuite un jeu de comptage comme le Katro ; et le Fanorona en dernier, parce qu'il mérite qu'on lui laisse de la place.

Fais entrer les grands-parents dans la partie

Quand tu appelles la famille restée à Madagascar, il y a mieux à faire que de raconter la journée : demande qu'on t'explique un jeu. Les grands-parents connaissent souvent des figures et des variantes qu'aucun texte ne contient, et ils sont ravis qu'on le leur demande.

Note ensuite les règles telles qu'ils les décrivent, avec leurs mots à eux. Si leur version diffère de celle que tu lis ailleurs, garde la leur : les variantes d'une région ou d'une famille à l'autre ne sont pas des approximations, ce sont des versions. Les enfants adorent savoir que « chez nous, on joue comme ça ».

Les jeux qui marchent quand les cousins débarquent

L'été, les réunions de famille et les fêtes rassemblent parfois beaucoup de monde d'un seul coup. C'est le moment de sortir les jeux de groupe, ceux qui n'ont besoin que d'un peu d'espace : la cache-cache Ankiafina, le Vitsily joué en équipes, ou la course-poursuite Fanenjika. Un parc, une cour, un jardin : le décor change, le jeu reste le même.

C'est souvent là que la transmission prend vraiment, parce que les enfants apprennent les uns des autres bien plus vite que d'un adulte.

Le téléphone comme plateau de secours

Il y a des moments où l'on n'a ni cailloux, ni craie, ni table : dans un avion, dans une salle d'attente, en voyage, chez quelqu'un. C'est exactement là que MyLalao sert. L'appli réunit 19 jeux malgaches jouables sur un téléphone Android, hors-ligne — ni connexion, ni forfait, ni compte à créer — en solo contre l'IA ou à plusieurs sur le même téléphone, chacun son tour. Elle est gratuite, sans publicité, et bilingue malgache et français.

Pour une famille installée loin de l'île, l'intérêt est double : les règles sont là quand la mémoire hésite, et l'IA fait un partenaire d'entraînement toujours disponible quand personne d'autre autour de toi ne connaît le jeu. L'appli n'est pas encore publiée sur Google Play — elle arrive.

Ce que tu transmets vraiment

Un jeu, ce n'est pas seulement un règlement : c'est une manière de se parler, d'attendre son tour, de féliciter l'autre, de rejouer aussitôt. En apprenant le Fanorona à un enfant né loin de Madagascar, tu ne lui donnes pas un passe-temps — tu lui donnes quelque chose à quoi se rattacher, et de quoi impressionner ses cousins l'été prochain.

Commence ce soir, avec un seul jeu. L'histoire du Fanorona, jeu national malgache fait une belle entrée en matière à lire à voix haute. Puis sortez les cailloux. Mandrosoa !

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