Culture & patrimoine

Fabriquer un plateau de Fanorona chez soi

14 août 2026 • par Équipe MyLalao

Un plateau de Fanorona se fabrique en une demi-heure avec ce qu'on a sous la main : un carton, une règle, un feutre et quarante-quatre cailloux. C'est d'ailleurs comme cela que le jeu s'est transmis pendant des siècles. Voici la méthode étape par étape — y compris le tracé des diagonales, la seule partie où il faut être attentif.

Ce qu'il te faut

  • Un support : carton rigide, planche fine, dos de calendrier — ou un morceau de tissu si tu veux pouvoir le rouler et l'emporter.
  • Une règle et un feutre (ou une craie, ou un clou pour graver le bois).
  • 44 pions, soit 22 par camp, en deux sortes qui se distinguent d'un coup d'œil.
  • Un crayon pour tracer d'abord au léger : on repasse au feutre seulement quand tout est juste.

Étape 1 : les 45 intersections

Le grand Fanorona, le Fanoron-tsivy, se joue sur 5 lignes et 9 colonnes, soit 45 intersections. Choisis un écart régulier entre les points : 3 cm est un bon compromis. Cela donne une grille de 24 cm de large (8 écarts) sur 12 cm de haut (4 écarts), qui tient largement sur une feuille A4 posée dans le sens de la largeur.

Marque les 45 points au crayon, puis relie-les : les 9 lignes verticales et les 5 lignes horizontales. Tu obtiens un quadrillage de 32 petits carrés. Garde bien en tête qu'au Fanorona on joue sur les points, jamais dans les carrés : les pions se posent sur les intersections.

Étape 2 : les diagonales, une par carré

Voilà l'étape qui mérite ton attention. Chaque petit carré reçoit une seule diagonale, et le sens alterne d'un carré au suivant, comme les chevrons d'un parquet.

  • Commence en bas à gauche : dans le premier carré, trace la diagonale qui monte du coin bas-gauche vers le coin haut-droit.
  • Dans le carré voisin, à sa droite, trace l'autre diagonale (du coin bas-droit vers le coin haut-gauche). Continue en alternant jusqu'au bout de la rangée.
  • Passe à la rangée du dessus et recommence, mais en inversant : son premier carré reçoit cette fois la diagonale bas-droit vers haut-gauche.

Trente-deux carrés, donc trente-deux diagonales. Le résultat est très reconnaissable : les diagonales se croisent sur les intersections, en formant des X, et jamais au milieu d'un carré.

Étape 3 : vérifier avant de jouer

  • Le centre du plateau est traversé par deux diagonales (donc quatre branches en partent). C'est la vérification la plus rapide : au Fanorona, le centre est toujours une intersection forte.
  • Aucune diagonale ne se croise au milieu d'un carré. Si cela arrive, tu en as tracé deux dans le même carré.
  • Une intersection sur deux voit passer les diagonales : ce sont les intersections « fortes », d'où un pion part dans huit directions au lieu de quatre. Les autres n'ont que les lignes droites, et c'est normal.

Les 44 pions et la mise en place

On les appelle vato, « pierres », parce qu'ils étaient traditionnellement de simples cailloux. Tout fait l'affaire, à condition que les deux camps se distinguent immédiatement :

  • des cailloux clairs contre des cailloux foncés, ramassés dehors ;
  • des haricots secs de deux couleurs — le grand classique, et ça se range dans un sachet ;
  • des capsules de bouteille de deux marques, même matière première que la course de capsules ;
  • des boutons, des rondelles de branche, ou deux tas de graines comme au Katro.

Chaque joueur prend ses 22 pions. Les deux rangées du fond de son camp sont entièrement garnies (9 + 9 = 18 pions), et les 4 pions restants se placent sur la rangée du milieu, en alternance de part et d'autre du centre, face à ceux de l'adversaire. L'intersection centrale reste vide : c'est la seule place libre du plateau, et c'est elle qui rend le premier coup possible. Pour la suite, tout est ici : les règles complètes du Fanorona.

Deux formats plus courts, et un plateau pour dehors

Même méthode pour les petits formats : le Fanoron-dimy se trace sur 5×5 intersections, et le Fanoron-telo sur 3×3. Les règles de prise sont identiques — seule change la place pour manœuvrer. Le Fanoron-telo est parfait pour apprendre les prises à un enfant : une partie tient en quelques coups.

Et rien n'oblige à rester à l'intérieur. Un bâton, de la terre bien tassée, et le plateau se trace au sol comme se trace la marelle du Sabaka. C'est ainsi que des générations y ont joué, à l'ombre, avec les cailloux du chemin — et un plateau tracé par terre a un avantage imbattable : il se refait en deux minutes.

Et si tu veux jouer tout de suite

Le temps de rassembler tes cailloux, tu peux déjà t'entraîner : dans MyLalao, le Fanorona se joue en 3D contre l'IA (trois niveaux) ou à deux sur le même téléphone, hors-ligne. Un bon moyen de vérifier ta mise en place avant de la refaire sur ton plateau maison. Et si l'envie te prend de bricoler d'autres jeux, nous en avons réuni dix dans 10 jeux malgaches que nos parents jouaient. Mandrosoa — allons-y !

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