Culture & patrimoine

10 jeux malgaches que nos parents jouaient

9 août 2026 • par Équipe MyLalao

Il y a une phrase que tous les parents malgaches finissent par dire : « nous, on jouait avec rien ». Ce n'est pas de la nostalgie, c'est exact — cinq cailloux, une capsule, un vieux pneu, et l'après-midi était pleine. Voici dix de ces jeux, ce qu'il fallait pour y jouer, et ce qui les rendait si bons.

1 et 2. Les jeux de cailloux : Tsobato et Tanisa

Cinq petits cailloux, et voilà des heures de jeu. Au Tsobato, le jeu d'osselets malgache, on jette les cailloux au sol, on lance la « mère » en l'air, on ramasse le bon nombre pendant qu'elle vole, et on la rattrape avant qu'elle retombe. Les figures se suivent en progression — un par un, deux par deux — jusqu'à la retournette sur le dos de la main, celle qui fait la réputation d'un joueur.

Le Tanisa, lui, marie le jonglage et la comptine : on lance les cailloux en cadence en énumérant à voix haute (isa, roa, telo — un, deux, trois). Son nom vient justement de isa, compter. Perdre le rythme, c'est perdre la main, et tout le monde s'en amuse.

3. Le Katro, quatre rangées creusées dans la terre

Pas de plateau ? On en creuse un. Le Katro (ou Katra), le mancala malgache, se joue sur quatre rangées de trous faits à même le sol, avec des graines ou de petits cailloux. On sème une graine par trou ; si la dernière tombe dans un trou déjà garni, on ramasse tout et on relaie ; si elle tombe dans un trou vide de sa rangée intérieure, on capture les graines adverses de la même colonne. C'est le jeu où l'on compte à voix haute — et où les enfants apprennent à calculer sans s'en apercevoir.

4 et 5. La récup' devient un jeu : capsules et billes

Les capsules de bouteille valaient de l'or. On traçait un circuit dans la terre, et la course de capsules commençait : une pichenette, puis une autre, en dosant la force pour ne pas sortir du couloir dans les virages. Les bons circuits, on les gardait plusieurs jours.

Les billes (kanety), c'était l'autre monnaie de la cour : un cercle tracé au sol, les billes au milieu, et l'art d'en éjecter le maximum d'une seule pichenette. Un tir réussi, et on gardait la main.

6 et 7. Dehors, tout devient terrain

Un vieux pneu et un bâton : Manosika pneu, pousser le pneu, l'un des jeux les plus universels qui soient. Le pneu ralentit, on le relance, on le guide entre les obstacles — et on rentre à la maison en sueur.

Et puis il y avait le Fanenjika, la course-poursuite : courir, esquiver, tenir bon. Pas de matériel, pas d'arbitre, juste des jambes et de la ruse. C'est le jeu qui remplissait les récréations et vidait les enfants de leur énergie — au grand soulagement des parents.

8 et 9. Viser juste : Toraka kapoaka et Tandrimo

Des boîtes de conserve empilées en pyramide, une balle improvisée, et le Toraka kapoaka, le chamboule-tout malgache, faisait le bonheur des fêtes de village. Le bruit des kapoaka qui s'écroulent valait presque le score.

La toupie, Tandrimo, c'était plus sérieux : un duel. On lance, on vise la toupie d'en face, on la percute — et la dernière qui tourne encore remporte la manche. De la force et de l'adresse à la fois.

10. Tracé à la craie : Sabaka, jusqu'au Ciel

La marelle malgache, le Sabaka, se dessinait à la craie ou dans la poussière. On lance son palet dans la case visée, on progresse case après case, et on grimpe jusqu'au « Ciel ». Toucher une ligne, et la main passe — d'où ces gestes appliqués, presque solennels, qu'on prend au moment de lancer.

Ce qu'ils avaient en commun — et comment les rejouer

Regarde la liste : rien n'était acheté. Tout venait du sol, de la récup' ou du bricolage. Ces jeux ne demandaient que deux choses — un peu de place et quelqu'un d'autre. On y apprenait à compter, à viser, à attendre son tour, à laisser filer une manche en riant et à en relancer une autre aussitôt.

Le problème, c'est qu'un jeu qui ne s'écrit pas se perd vite. C'est pour cela que MyLalao existe : 19 de ces jeux sont jouables dans une application Android 3D, en solo contre l'IA ou à plusieurs sur le même téléphone, chacun son tour, et entièrement hors-ligne — ni forfait, ni compte à créer. D'autres se préparent, comme les devinettes de l'Ankamantatra (« Inona ary izany ? » — qu'est-ce donc ?). L'appli sort bientôt, et Google Play suivra.

Et si tu veux commencer par le plus grand de tous, le Fanorona t'attend : ses règles complètes sont ici, et son histoire juste là. Montre-les à tes enfants — ou mieux : demande à tes parents de te réapprendre le Tsobato. Tsara be !

Les jeux évoqués dans cet article

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