Le vocabulaire malgache du jeu : les mots à connaître
Kilalao, lalao, mpilalao : trois mots, et déjà tout l'univers du jeu malgache. Apprendre le vocabulaire d'un jeu, ce n'est pas réviser une leçon — c'est comprendre pourquoi il porte ce nom-là. Voici les mots qui reviennent le plus souvent, avec leur sens, et rien de plus.
La famille du mot « jeu »
- Kilalao — le jeu, et aussi le jouet. Le même mot désigne l'objet et l'activité.
- Lalao — le jeu, la partie, le match. « Une belle lalao » se dit d'une partie qui valait le coup.
- Mpilalao — le joueur, la joueuse. Le préfixe mp- désigne celui qui fait l'action : mpilalao, c'est « celui qui joue ».
Retiens surtout ces trois-là : ils te permettent de parler de n'importe quel jeu de cette page.
Les mots du matériel
Les jeux malgaches d'antan se jouent avec ce qui traîne. D'où des noms qui parlent d'objets très concrets.
- Vato — la pierre, le caillou. Au Fanorona, c'est le nom des pions, qui étaient traditionnellement de simples cailloux. On le reconnaît aussi dans Tsobato, le jeu d'osselets.
- Voa — la graine. Ce sont les munitions du Katro, semées une à une dans les trous du plateau.
- Kapoaka — la boîte de conserve, qui sert aussi d'unité de mesure du riz. Empilée en pyramide, elle donne le chamboule-tout Toraka kapoaka.
- Ravina — la feuille d'arbre. C'est la matière du Mampiady ravina, le combat de feuilles, où l'on collectionne feuilles et fleurs avant de se les présenter.
- Kanety — la bille. Kapisily — la capsule de bouteille. Deux objets de récupération devenus des jeux à part entière.
- Vola — l'argent, la monnaie : d'où Tsipy vola, le lancer de pièce. Lavaka — le trou : d'où Tsipy lavaka, le lancer dans le trou.
Compter, c'est déjà jouer
Beaucoup de ces jeux se comptent à voix haute — et c'est comme cela qu'on apprend les nombres sans y penser.
- Isa, roa, telo, efatra, dimy — un, deux, trois, quatre, cinq. Puis enina, six, et plus loin sivy, neuf.
- Ces nombres se glissent dans les noms de jeux : le Fanoron-telo se joue sur 3×3 intersections, le Fanoron-dimy sur 5×5, et le grand Fanoron-tsivy sur 5×9 — c'est celui-là qu'on désigne quand on dit simplement « Fanorona ».
- Au Tanisa, le jonglage rythmé, on énumère à chaque rattrapage : isa, roa, telo… Le nom du jeu fait écho à isa, compter.
Fotsy et mainty : les deux camps
Fotsy, c'est le blanc. Mainty, c'est le noir. Deux mots minuscules, mais qui servent partout : désigner les camps d'un jeu de plateau, répartir les pions, dire qui commence. Sur un plateau de Fanorona tracé à même la terre, on distingue le plus souvent les camps par des cailloux clairs et des cailloux sombres — fotsy contre mainty.
Les mots qu'on se lance pendant la partie
- Tsara be — « très bien », « c'est très bon ». La formule qu'on lance devant un beau coup. Tsara : bon, beau ; be : beaucoup, grand.
- Arahaba — la salutation, et aussi le mot des félicitations. On salue en arrivant, on félicite à la fin.
- Misaotra — merci. À dire à celui qui a pris le temps de t'apprendre le jeu.
- Mandrosoa — « avance », « vas-y », « entre ». On l'emploie pour inviter quelqu'un… et pour relancer une partie.
- Nandresy — a gagné. Le mot de la fin, sans amertume : on remet les pions en place et on repart.
Les mots propres à un jeu
Chaque jeu a son petit lexique, et c'est souvent là que le vocabulaire devient précis.
Autour du plateau
- Paika (Fanorona) — un déplacement simple, sans capture. On n'y a droit que si aucune prise n'est possible.
- Afovoany (Fanorona) — le centre, le milieu du plateau : l'intersection laissée vide au coup d'envoi, et la place la plus convoitée.
- Katro et Katra — les deux noms malgaches du même jeu de semailles à quatre rangées.
Autour du mouvement
- Fanenjika — la poursuite. C'est le nom du jeu de course-poursuite : on court, on esquive, on tient bon.
- Manosika — pousser, comme dans Manosika pneu, pousser le pneu avec un bâton.
- Tandrimo — la toupie, celle des duels où la dernière encore en rotation l'emporte.
- Sabaka — le nom malgache de la marelle, celle qu'on trace à la craie et qui mène jusqu'au Ciel.
Autour de la parole
- Ankamantatra — la devinette, celle qu'on se lance le soir en famille. Elle s'annonce par la formule « Inona ary izany ? » — « qu'est-ce donc ? »
- Hitako — « je l'ai trouvé », ce qu'on dit quand la réponse arrive. Manaraka — « suivant », pour passer à la devinette d'après.
Deux mots pour le décor
Tanàna, c'est le village, la ville : le lieu habité, celui où l'on se retrouve. Tanety, ce sont les collines des hautes terres, ce paysage de croupes rousses qu'on reconnaît au premier regard. Ces deux mots ne servent pas à jouer, mais ils disent où l'on joue — et c'est exactement le décor que MyLalao reprend dans ses jeux en 3D : tanety, rizières, village, zébus, baobabs.
Comment retenir tout ça sans réviser
Le meilleur moyen d'apprendre ces mots, c'est de les employer pendant une partie. Dis « vato » en posant un pion, « voa » en semant une graine, « tsara be » quand quelqu'un réussit un beau coup. Dans MyLalao, l'appli est bilingue malgache et français, et les 19 jeux jouables portent leur nom malgache : le vocabulaire s'attrape en jouant, sans effort.
Envie de mettre ces mots à l'épreuve tout de suite ? Commence par les règles complètes du Fanorona — tu y croiseras vato, paika et afovoany en situation. Passe ensuite aux devinettes ankamantatra, puis à la comptine du Tanisa pour compter en cadence. Misaotra d'avoir lu jusqu'ici — et tsara be pour l'effort !
Les jeux évoqués dans cet article
- Règles du Fanorona — Le jeu national malgache : capture les pions de l'adversaire par percussion et aspiration.
- Règles du Katro — Le mancala malgache à 4 rangées : sème, relaie et capture les graines de l'adversaire.
- Règles du Tsobato — Le jeu d'osselets malgache : lance la « mère », ramasse les cailloux et rattrape à temps.
- Règles du Fanenjika — Échappe-toi des poursuiveurs qui accélèrent, sur 7 terrains différents.