Culture & patrimoine

Le Katro, cousin malgache des jeux de semailles africains

21 août 2026 • par Équipe MyLalao

Quand on découvre le Katro, une question vient vite : ce plateau de trous et ces graines qu'on redistribue, on a l'impression de les avoir déjà vus ailleurs. C'est normal. Le Katro appartient à une immense famille de jeux répandue à travers l'Afrique et l'océan Indien. Voyons ce que cela veut dire — et ce que cela ne veut pas dire.

Un jeu de semailles, qu'est-ce que c'est ?

On appelle « jeux de semailles », ou mancalas, une grande famille de jeux qui fonctionnent tous sur le même geste : on prend le contenu d'un trou, et on le redistribue graine par graine dans les trous suivants, comme un paysan qui sème. Puis, selon la règle du lieu, on capture les graines de l'adversaire.

« Mancala » n'est donc pas le nom d'un jeu, mais celui d'un genre — un peu comme « jeu de cartes ». À l'intérieur, chaque région a son plateau, son sens de rotation, sa façon de prendre. Le Katro est la déclinaison malgache de ce genre.

Le Katro, la version malgache à quatre rangées

À Madagascar, le jeu se pratique couramment sur quatre rangées de trous, chaque joueur en contrôlant deux : une rangée extérieure et une rangée intérieure qui fait face au camp d'en face. Traditionnellement, on ne sort même pas de plateau : on creuse les trous dans la terre et on y verse des graines ou de petits cailloux.

Le nom lui-même a deux formes, Katro et Katra, pour un seul et même jeu. C'est déjà un indice sur la nature de ce patrimoine : il circule par la parole, et il s'adapte.

Awalé, bao, katro : des cousins, pas des jumeaux

L'awalé est le membre le plus connu de la famille hors du continent ; le bao est joué en Afrique de l'Est. On les rassemble volontiers sous la même étiquette parce que leur mécanique de base se ressemble : semer, puis capturer. Mais la parenté s'arrête au principe.

Les différences portent sur tout le reste : le nombre de rangées, le circuit que suivent les graines, le déclencheur de la capture, ce que l'on capture exactement, et la façon dont la partie se termine. Au Katro, par exemple, la partie ne se gagne pas au plus gros tas de graines : c'est le camp qui n'a plus rien à jouer qui perd. Deux jeux de la même famille peuvent donc demander des stratégies complètement différentes.

Deux rangées ou quatre : ce que ça change vraiment

La distinction la plus parlante entre mancalas est le nombre de rangées. Sur deux rangées, les graines circulent souvent d'un camp à l'autre, et le jeu se lit presque comme un couloir. Sur quatre rangées, comme au Katro, chaque joueur a sa propre boucle — et une frontière apparaît : la rangée intérieure.

Cette frontière change tout. Elle crée une notion de ligne de front : c'est là que l'on prend, c'est là que l'on se fait prendre, et c'est là que l'on regarde en premier avant de jouer. Si tu veux voir cette mécanique en détail, les règles complètes du Katro la déroulent pas à pas.

Ce que ces jeux ont en commun, au-delà des règles

Il y a une parenté qui ne tient pas au plateau. Ces jeux se jouent avec du rien : de la terre, des graines, deux mains. Ils demandent tous du calcul mental, et beaucoup se pratiquent en comptant à voix haute — ce qui en fait autant des jeux de parole que des jeux de plateau.

Enfin, ils se transmettent presque toujours de la même manière : quelqu'un de plus âgé s'assied en face, joue lentement, et explique en jouant. C'est ce mode de transmission qui explique à la fois leur robustesse et leur diversité.

Ce qu'on ne sait pas — et qu'on n'inventera pas

Il serait facile d'écrire ici une belle histoire : une route, une date, un itinéraire précis qui aurait amené le jeu jusqu'à Madagascar. On ne le fera pas. La tradition orale ne délivre pas ce genre de certitudes, et les règles elles-mêmes varient d'un village à l'autre.

Ce qu'on peut dire honnêtement : le Katro appartient à la grande famille des jeux de semailles ; à Madagascar il se joue couramment à quatre rangées ; et son détail de capture change selon les endroits. Tout le reste demande le travail de chercheurs et la mémoire des connaisseurs — pas l'imagination d'un rédacteur.

Jouer au Katro aujourd'hui

La meilleure façon de comprendre cette famille de jeux, c'est d'en pratiquer un. Le Katro de MyLalao t'offre un plateau à quatre rangées, l'animation du semis trou par trou, et un adversaire toujours disponible : tu joues en solo contre l'Ordi, ou à deux sur le même téléphone, hors-ligne, dans l'application Android. Ouvre la fiche du Katro pour les commandes, ou va voir le Fanorona si tu veux comparer avec l'autre grand jeu de réflexion malgache. Et pour le contexte plus large, sauver les jeux d'antan raconte pourquoi tout cela mérite qu'on s'y attarde. Misaotra — merci de faire vivre ces jeux !

Les jeux évoqués dans cet article

← Tous les articles Tous les jeux malgaches