Astuces de jeu

Fanorona : bien commencer, les premiers coups qui comptent

14 octobre 2026 • par Équipe MyLalao

La plupart des jeux de plateau te laissent respirer au début : on développe, on installe ses pièces, la bagarre vient après. Le Fanorona, non. Le plateau démarre presque plein, il n'existe qu'une seule intersection libre, et dès le premier coup une prise est déjà là. Autant savoir où l'on met les pieds.

Une seule intersection libre : le centre

Rappel de la mise en place : 22 pions par camp, 44 en tout, sur 45 intersections. Les deux rangées du fond de chaque camp sont pleines, la rangée du milieu est garnie en alternance de part et d'autre du centre — et le centre, l'afovoany, reste vide. C'est la seule place libre du plateau.

Conséquence immédiate, que beaucoup de joueurs n'ont jamais formulée : au coup d'envoi, seuls les pions qui touchent le centre peuvent bouger. Sur la mise en place habituelle, celle que reprend MyLalao, cela fait cinq pions pour le camp qui commence. Cinq coups possibles, pas un de plus.

Il n'existe pas d'ouverture tranquille

Deuxième conséquence : chacun de ces cinq déplacements capture. Certains par approche — manindrona —, d'autres par éloignement — misintona —, selon la direction empruntée, mais aucun n'est un simple déplacement. Et comme la prise est obligatoire au Fanorona, tu ne peux pas y couper : ta partie commence forcément par une capture, et celle d'en face aussi.

La question n'est donc jamais « est-ce que je prends ? », mais quelle prise, et surtout où mon pion va se retrouver. Si ces deux mots te sont encore étrangers, commence par manindrona et misintona, les mots justes des prises — la suite de cet article suppose qu'ils sont en place.

Pourquoi les grosses prises du début sont trompeuses

En ouverture, le plateau est plein : les files sont longues, donc les prises sont grosses. Deux, trois, quatre pions d'un coup, ça fait plaisir. Sauf que trois choses se produisent en même temps, et on n'en voit généralement qu'une.

  • Tu déplaces ton pion. Il quitte une position sûre, entouré des siens, pour une position avancée et bien plus exposée.
  • Tu creuses un trou chez l'adversaire. Ce vide est une porte d'entrée — pour lui autant que pour toi.
  • Tu laisses un vide derrière toi. L'intersection que ton pion vient de quitter est maintenant libre, et une intersection libre, au Fanorona, c'est une destination offerte au camp d'en face.

D'où le réflexe d'ouverture le plus rentable qui soit : avant de valider, regarde ton pion après le coup, pas les pions que tu ramasses. Trois pris qui en offrent quatre, c'est une mauvaise affaire — et c'est le scénario le plus fréquent des dix premiers coups.

Trois questions avant chaque coup d'ouverture

  1. Où atterrit mon pion ? Sur une intersection forte, qui porte aussi les diagonales et rayonne dans huit directions, ou sur une faible, qui n'en offre que quatre ? En ouverture, la différence est énorme : les intersections fortes sont les relais de toutes les chaînes à venir.
  2. Suis-je aspirable ? Si mon pion se retrouve collé à un pion adverse qui a de la place derrière lui, ma file part au coup suivant. C'est le piège numéro un du début de partie, et il ne pardonne pas quand le plateau est encore plein.
  3. Est-ce que je laisse une file alignée ? Une prise emporte toute la file contiguë. Quatre de tes pions bien rangés sur une même ligne — diagonales comprises — sont un cadeau ambulant. Au coup d'envoi, tes rangées du fond sont exactement cela.

Le centre vaut ce qu'on en dit

L'afovoany est une intersection forte, et c'est la première à se libérer puis à se reprendre, coup après coup. Un pion posé là menace dans huit directions et sert de pivot à toutes les chaînes de captures. Attention pourtant au réflexe scolaire : occuper le centre à tout prix avec un pion isolé qu'aucun autre ne soutient, c'est offrir une cible parfaite. Le centre se prend et se tient.

Après l'échange d'ouverture, la partie change de nature

Une fois les premières prises jouées, le plateau n'a plus rien à voir : des trous apparaissent un peu partout, les files raccourcissent, et l'aspiration devient la menace principale — parce que les cases vides derrière les pions, elles, se multiplient. C'est le moment de cesser de courir après les grosses prises et de commencer à compter tes pions à huit directions.

C'est aussi là que les paika, ces déplacements sans capture autorisés seulement quand aucune prise n'existe, font leur apparition. En ouverture ils sont introuvables ; en milieu de partie ils deviennent des coups de placement à part entière.

S'entraîner sur les dix premiers coups

La bonne nouvelle, c'est qu'une ouverture s'apprend par répétition, et qu'elle est courte. Un exercice simple : joue dix coups, regarde où en est ta position, puis recommence en changeant ta toute première prise. Trois ou quatre passages suffisent pour sentir la différence entre une ouverture qui te laisse groupé et une ouverture qui éparpille tes pions aux quatre coins du plateau.

Dans MyLalao, le bouton « Recommencer » du Fanorona est fait pour ça : une touche, et tu repars sur un plateau neuf, en solo contre l'IA ou à deux sur le même téléphone, hors-ligne. S'il te manque un point de règle, les règles complètes du Fanorona reprennent tout depuis le plateau ; et pour la suite de la partie, nos 7 stratégies pour gagner prennent le relais. Envie de faire travailler ton calcul autrement entre deux parties ? Les graines du Katro t'attendent. Mandrosoa !

Les jeux évoqués dans cet article

← Tous les articles Tous les jeux malgaches