Kilalao faritany
Transforme la page de cahier en carte de provinces : encercle les points adverses et annexe leur terrain.
Le jeu et son histoire
« Faritany » désigne la province, la région — le découpage administratif de Madagascar. Le jeu en reprend l'idée : sur une simple page de cahier, deux joueurs se disputent le territoire point par point, et chaque groupe adverse encerclé devient une province colorée à son nom. C'est le cousin malgache de toute une famille de jeux d'encerclement qu'on retrouve d'un bout à l'autre du monde, du go asiatique aux jeux de conquête tracés dans la poussière. Ici, pas de matériel : une page, deux stylos, et le sens du territoire.
Encercler pour annexer : le principe du faritany
Le mécanisme est d'une simplicité redoutable. Chaque point posé sur la page respire par ses voisines libres — au-dessus, en dessous, à gauche, à droite. Tant qu'il lui reste au moins une issue, il vit. Quand la dernière se ferme, il tombe, et le terrain qu'il occupait passe à l'adversaire sous forme de province.
Les points d'une même couleur qui se touchent en rangée ou en colonne forment un **groupe**, et un groupe vit ou meurt d'un seul tenant. Il partage ses issues : dix points collés les uns aux autres ont ensemble bien plus d'issues à défendre que dix points éparpillés, mais si l'adversaire parvient à toutes les fermer, c'est le groupe entier qui bascule d'un coup.
Détail décisif : **les diagonales ne comptent pas** pour fermer. On n'étouffe un point que par les quatre directions orthogonales. C'est ce qui rend l'encerclement d'un point isolé possible avec seulement quatre points — et c'est aussi ce qui laisse aux groupes des chemins de fuite en biais que le débutant ne voit pas tout de suite.
Provinces définitives et interdiction de se suicider
Une fois conquise, une province est **définitive**. Elle se colore, MyLalao trace sa frontière automatiquement, et plus personne n'y rejoue. Le territoire se réduit donc à mesure que la partie avance, et les zones encore libres deviennent de plus en plus précieuses.
Deuxième règle qu'il faut connaître : on ne peut pas se suicider. Poser un point sur une intersection où il serait immédiatement encerclé n'a aucun sens et n'est pas autorisé. Avec une exception qui change tout : **si ce coup capture d'abord un groupe adverse**, il est parfaitement légal — car la capture libère les issues, et le point posé respire à nouveau.
Cette exception est la source des plus beaux coups du jeu. Une intersection qui semble suicidaire peut être exactement le point qui fait tomber un groupe entier. Avant de renoncer à un coup parce qu'il paraît perdu, il faut toujours vérifier ce qu'il capture.
Compter les issues : la seule compétence qui compte vraiment
Tous les bons joueurs de faritany font la même chose en permanence : ils comptent les issues. Un groupe à quatre issues est tranquille. À deux issues, il faut commencer à s'inquiéter. À une seule, il est en sursis — l'adversaire le prendra au prochain coup s'il y pense.
Ce comptage guide toutes les décisions. Attaquer, c'est réduire les issues d'un groupe adverse ; se défendre, c'est augmenter les siennes, soit en s'étendant vers l'espace libre, soit en se reliant à un groupe voisin. Un seul point bien placé peut fusionner deux groupes fragiles en un groupe solide.
Le bord de la page joue un rôle particulier. Un point collé au bord n'a que trois issues au lieu de quatre, et un point dans un coin n'en a que deux. Attaquer vers le bord coûte donc moins cher que d'attaquer au centre — mais s'y installer soi-même est risqué pour la même raison.
Une partie de territoire, pas une course
Contrairement au Jeu de points, où l'on court après les alignements, le faritany est un jeu de **possession lente**. On ne gagne pas d'un coup d'éclat : on grignote, on consolide, on prend deux points ici, trois points là, et le décompte final tranche.
La partie s'arrête quand plus personne ne peut poser de point — la page est saturée entre les provinces conquises et les positions verrouillées. On compte alors les captures, et le plus grand territoire l'emporte.
C'est un jeu où la patience bat l'audace. Le joueur qui se disperse pour tenter des encerclements spectaculaires laisse derrière lui des groupes fragiles que l'adversaire ramassera un par un. Celui qui construit compact, en avançant lentement, finit presque toujours devant.
Comment on y joue dans MyLalao
Le terrain est la même page de cahier que le Jeu de points : 16 lignes verticales, 22 horizontales, 352 intersections. Les points sont ronds, rouges et bleus. Dès qu'un groupe adverse se retrouve entièrement cerné, MyLalao dessine automatiquement la frontière de la province conquise et la colore — le tracé n'est plus à faire à la main, il matérialise simplement ce que l'encerclement a déjà décidé.
Guide pas-à-pas
- Chacun son tour, pose un point de ta couleur sur une intersection libre.
- Un point — ou un groupe de points reliés — de l'adversaire est CAPTURÉ dès qu'il n'a plus aucune issue libre autour de lui.
- On compte les issues en rangée et en colonne, dans quatre directions. Les diagonales ne ferment pas : c'est ce qui permet d'encercler un point isolé avec seulement quatre des tiens.
- Le terrain capturé devient ta PROVINCE : il se colore, se cerne d'un trait, et ces intersections sont définitivement à toi.
- Interdit de se suicider : on ne pose pas un point là où il serait aussitôt encerclé — sauf si ce coup capture d'abord un groupe adverse.
- La partie s'arrête quand plus personne ne peut poser. Le plus de points capturés l'emporte.
Astuces
- Quatre points suffisent à capturer un point isolé : au-dessus, en dessous, à gauche, à droite. Les diagonales ne servent à rien pour fermer.
- Ne laisse pas tes points isolés. Un groupe compact a moins d'issues à défendre par point qu'une poussière de points éparpillés.
- À l'inverse, un très gros groupe adverse est presque imprenable : vise les petits groupes de deux ou trois points.
- Compte les issues avant de poser. Un groupe à une seule issue est en danger immédiat — c'est le moment de le sauver ou de l'achever.
- Débutant ? Joue près de tes propres points plutôt que de partir à l'aventure : la solidité rapporte plus que la conquête.
- Débutant ? Le bord de la page est ton allié : un point collé au bord a déjà une issue de moins à boucher pour toi.
Le vocabulaire malgache du Kilalao faritany
- Faritany — La province, la région administrative — et, dans le jeu, le territoire conquis en encerclant l'adversaire.
- Groupe — Des points de même couleur qui se touchent en rangée ou en colonne. Ils vivent et meurent ensemble.
- Issue — Une intersection libre voisine d'un point ou d'un groupe. Plus de zéro issue, c'est la capture.
Questions fréquentes sur le Kilalao faritany
Combien de points faut-il pour en capturer un ?
Quatre, si le point est isolé au milieu de la page : un au-dessus, un en dessous, un à gauche, un à droite. Trois suffisent contre un point collé au bord, et deux contre un point dans un coin, puisqu'ils ont naturellement moins d'issues.
Les diagonales servent-elles à encercler ?
Non, et c'est fondamental. On ne compte les issues que dans les quatre directions orthogonales — rangée et colonne. Une diagonale laisse passer. C'est précisément ce qui rend l'encerclement possible en quatre points et donne au jeu son rythme.
Peut-on poser un point là où il serait aussitôt encerclé ?
En principe non : le suicide est interdit. Mais il y a une exception majeure — si ce coup capture d'abord un groupe adverse, il est autorisé, car la capture rouvre des issues. Beaucoup des meilleurs coups du jeu ressemblent d'abord à une erreur.
Peut-on rejouer sur une province déjà conquise ?
Non. Une province est définitive : elle est colorée, cernée d'un trait, et ces intersections sortent définitivement du jeu. Le terrain disponible se réduit donc au fil de la partie.
Comment se termine la partie et qui gagne ?
Elle se termine quand plus aucun joueur ne peut poser de point. On compte alors les points capturés de chaque côté, et le plus grand total l'emporte.
Est-ce que c'est du go ?
C'est un cousin, pas un jumeau. Le principe de capture par encerclement est le même, mais le faritany se joue sur une page de cahier, sans notion de territoire encerclé vide, sans règle de ko, et le décompte se fait uniquement sur les points capturés. Les règles tiennent en cinq lignes, là où le go en demande beaucoup plus.
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